Quand j’écoute du rock fort

Voilà un petit tour d’horizon d’artistes et groupes de rock que j’ai pu écouter dans les années 2000 et un peu plus et que j’aime encore mettre à fond sur la platine du salon quand les gamins de sont pas là.

LOS CHICROS

Les deux héros de ZOMBIE ZOMBIE se rencontrent lors d’une rétrospective Dario Argento à la cinémathèque française. Coup de foudre immédiat. ETIENNE JAUMET et NEMAN s’aperçoivent qu’ils partagent la même passion pour les films cultes, la contre-culture et la musique des pionniers de l’électronique : Silver Apples, Suicide, Raymond Scott, La monte Young, Terry Riley, Pierre Henry, Goblin,Lard Free, Catherine Ribeiro, Video Aventure, François de Roubaix, Can, Neu !, Sonic Boom, EAR… L’idée leur vient d’allier leur savoir rythmique et sonique. L’alchimie est instantanée. Au terme de longs jams studio, les premiers morceaux voient le jour, il y a peu près deux ans. S’ensuivent une série de concerts plein de bruits et de fureur, d’abord au sein de la scène parisienne, où ils se font remarquer par Versatile lors d’une soirée Dirty Sound System. C’est alors que des phénomènes étranges commencent à se produire lors de leur passage sur scène : certains spectateurs sont frappés d’hallucinations, d’autres ne contrôlent plus leur corps, des gouttes de sang perlent du plafond et les murs des salles transpirent. Après enquête, on se rend vite compte que les machines ont pris possession de leurs esprits.

Faisant désormais partie des groupes emblématiques de la pop française chantée en anglais, les CHICROS ont sorti fin mai 2009 leur second album, « Radiotransmission » (à prix Chicros) sur lequel, à la croisée de Beck, Pavement et du « White album », les CHICROS hypnotisent la pop au travers d’un zapping radio fictif. Ils y explorent à leur façon le low-fi, la BO de film d’horreur, la country, le christian-rock, le doo wop, le hip hop, la new-wave…mais aussi le rock vaudou hypnotique (‘New Orleans’), la sucrerie sauce Motown (‘Without You’ avec la participation de Brisa Roché) ou encore les Dead Kennedys sur une étonnante reprise. Après une série de concerts acoustiques donnés aux domiciles des chanceux qui ont trouvé (et continuent de trouver) l’un des 20 tickets d’or disséminés dans leur 45 tours « What’s new today on TV? », les CHICROS retrouvent, avec ce nouvel album, le chemin de la scène pour des concerts à couper le souffle.

Le collectif NEW VILLAGERS

On dit toujours que les Américains sont spécialisés dans le multi-tâches, contrairement aux Français. Comprenez que là-bas, pour percer, on est souvent acteur/chanteur/danseur/taxidermiste. Le collectif NewVillager, partagé entre ses origines de San Francisco et son exile brooklynien, a à ce titre un sacré nombre de cordes à son arc : ils font du dessin, de l’animation, des performances, des films, des livres… Et aussi de la musique, l’un de leurs talents qui est en passe de ne plus être accessoire et de porter ses deux créateurs Ben Bromley et Ross Simonini à une vraie reconnaissance.

JACK SAVORETTI et son album Sleep No More

Jack Savoretti a vraiment trouvé sa voix, en tant que chanteur et en tant qu’auteur-compositeur. Pour cet album, il a travaillé avec plusieurs producteurs, y compris Mark Ralph(Years and Years/Take That), Sam Dixon (Adele), Matty Benbrook (Paolo Nutini), Cam Blackwood (George Ezra) et Steve Robson (James Bay, John Newman et James Morrison ). Le 1er single ‘When We Were Lovers’ donne le ton, avec son grand coeur et son rythme envoûtant. Il y a une agitation contagieuse à travers l’album. Chaque chanson est une incroyable vitrine à sa voix exceptionnelle, de la chaleur honnête de ‘I’m Yours’, à l’hymne ‘We Are Bound’, à la joie pure de ‘Any Other Way’, tous alimentés par des refrains addictifs.

St.Lô

St.Lô s’est révélé comme une expérience musicale rare, intense, gorgée de soul et de fureur. Depuis les Transmusicales 2012, cette alchimie sombre, fulgurante, entre la voix de Miz Walidah (remarquée en solo aux Transmusicales 94 sous le nom de Shä Key !, mais aussi voix du Brooklyn Funk Essentials) et le groove tendu de ses complices bretons, captive toujours un peu plus à chacune de leurs apparitions.

Blues-rock futuriste, électro rageuse, hip hop habité, St. Lô redonne ses lettres de noblesse à la fusion des éléments, avec une audace et une élégance certaine. De la première rencontre en 2007, dans une chambre d’hôtel à Saint-Lô en Normandie, ils sont devenus une famille : trois à la scène, quatre en studio. Depuis, entre Bretagne et Brooklyn, ils dessinent les contours d’un univers sonore urbain, hypnotique et inspiré. L’alchimie est un mystère et St.Lô en connait le secret. Entourés de collaborateurs talentueux et expérimentés, Earl Blaize d’Antipop Consortium pour la réalisation, Everton Sylvester en poète habité et lunaire, le groupe vient de terminer la production de son très attendu premier opus : ROOM415. Le choix de l’indépendance a été soutenu par une enthousiaste campagne de crowdfunding sur kisskissbankbank.

Lightnin’ Malcolm

Lightnin’ Malcolm est un amoureux éperdu, et comblé : depuis son adolescence, ce multi-instrumentiste redneck du Missouri fait passer sa muse avant tout. Après un temps d’errance de bar en bar, de gig en gig, digne d’un songster des années 30, il s’est enraciné vers le début des années 90 dans le Mississippi auprès des familles Burnside et Kimbrough, avec l’un ou l’autre membre desquelles, le plus souvent Cedric Burnside, il joue depuis, quand il n’est pas solo ou à la batterie pour T-Model Ford ou un autre ancien. On s’en doute, son style économe et aéré est profondément marqué par l’influence du Nord Mississippi, même s’il ajoute nombre de compositions personnelles fortes et libres au répertoire classique de la région. Il est, en fait, peut-être plus fidèle au son des juke-joints que son complice Cedric lui-même, et à leur palpitation charnelle et inlassable – ma guitare, dit-il, est comme un tambour avec des notes. Mais quelles notes ! Sobres, insistantes, elles vont chercher la torsion bleue loin au-delà des échelles trop froides de la gamme, et pleuvent comme les gouttes d’un orage du sud sur les corps en sueur.

Depuis pas longtemps, j’ai découvert un bon moyen de faire des concerts pas cher à Paris, j’en parle ici.

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